Imprimer

Le biogaz en production personnelle

La méthanisation permet d’utiliser le processus de décomposition des déchets organiques pour en extraire le gaz dégagé en vue de produire une énergie naturelle et renouvelable.

En théorie, 1 kg de matières organiques en fermentation permet de produire plusieurs dizaines de litres de méthane correspondant au nécessaire pour faire un bon feu de gazinière pendant une heure.
En Chine, en Tanzanie, au Mali, au Vietnam (...) des milliers de familles utilisent des méthaniseurs familiaux : chaque jour, le digesteur récupère les matières végétales et fécales de la famille et de la ferme pour produire le gaz nécessaire à la cuisine. A l’issue du processus les restes sont utilisés comme engrais pour les cultures.

Comment faire une petite unité de production avec les moyens du bord ?
A partir du principe de base qui suit vous pourrez mettre en place des unités de production adaptées en fonction de vos possibilités techniques et de vos besoins personnels.
PS : une installation bricolée nécessite des contraintes quotidiennes de suivi et de maintenance du système. Il est probable que cette installation soit une issue de secours en dernier recours ou réservée au puristes et fondamentalistes de l’autosuffisance.

Matériel minimum nécessaire:
1 grande bâche plastique ou des gros bidons plastiques et métal de diamètres différents.
1 bouteille d’eau de 5 L.
1 réchaud de camping.
1 tuyau d’arrosage
Des raccords adaptés au tuyau :
1 raccord en T
2 raccords simples ou coudé
1 ou 2 robinets
Un liant comme du silicone, un ruban adhésif ou à défaut de l’argile de la cire ou de la farine.
Des colliers métal de type serre joint
De la paille de fer

Principe :


A- Arrivée des matières organiques.
B- Le digesteur. Il peut être maçonné ou aménagé dans un récipient existant. Son volume dépend du volume des matières à traiter et des besoins en biogaz. Une cuve, une fosse sceptique ou un bidon aménagé peuvent faire l’affaire.
C- Tube d’accès aux matières pour pouvoir les remuer. Le brassage doit se faire quotidiennement pour éviter la formation d’une croûte. Suivant l’emplacement du digesteur et des possibilités techniques, on peut imaginer de mettre en place une mini éolienne pour assurer un brassage régulier.
D- Trappe d’accés pour intervenir si nécessaire dans la cuve. Cette trappe doit être étanche avec un joint d’argile et de l’eau par dessus pour assurer l’étanchéité.
E- Évacuation des eaux sales. à un niveau légèrement inférieur au niveau de l’arrivée (A). Idéalement les eaux sales sont dirigées vers un centre de lagunage (+Pxxx)
F- Évacuation des gaz (I) vers la zone de stockage (J). Le tuyau doit être souple (K) pour pouvoir bouger en même temps que le bidon J. Un poids, un brique peut être placée sur le bidon J pour assurer la pression du gaz pour alimenter le réchaud.
G- Bidon rempli d’eau à moitié.
J- Bidon plastique retourné dans lequel on a fait le vide d’air préalablement en le plongeant dans l’eau. Si nécessaire et si l’on veut avoir un stockage plus important, il est possible de mettre en série un deuxième couple de bidons. Une autre solution utilisée dans un certain nombre de pays consiste à utiliser comme réserve de stockage des pneus de camion ou une grande bâche plastique aménagée en poche hermétique. Dans ce cas il faut intégrer dans le circuit une soupape de sécurité qui peut être constituée par une simple bouteille à moitié remplie d’eau dans lequel le surplus de gaz pourra s’échapper.
L- Le réchaud

Recommandations :
Il faut absolument que le circuit soit parfaitement étanche. Seul le méthane brûle, s’il y a trop d’oxygène le gaz ne remplira pas son rôle.
Utilisez de l’eau savonneuse pour tester l’efficacité des joints. Si des bulles apparaissent colmatez les fuites avec du silicone, du ruban adhésif ou en renforçant le serrage des liaisons. Si vous n’avez pas ces moyens modernes utilisez de la pâte de farine, de la pâte d’argile ou de la cire d’abeille.
La chaleur ayant une importance capitale, il est nécessaire que les containers de stockage des matières puissent être isolés pour maintenir la température. Les micro-organismes qui génèrent le biogaz, ne travaillent que si la température est comprise entre 30 et 40°C. Il n’y aura pas de problème pour déclencher le processus en été mais l’hiver les digesteurs doivent être bien isolés du froid.
Le brassage régulier des matières a aussi une part importante dans le processus.

Pour amorcer le processus :
Remplir le container de matières organiques diverses et variées. Ajouter si possible de l’eau chaude pour accélérer le processus de méthanisation.
Pour allumer le gaz vous pouvez jouer avec la pression de la poche de gaz si vous avez opté pour les poches de gaz ou avec un poids sur le bidon de stockage si vous avez opté pour le stockage en bidon amovible.
Pour éviter un éventuel retour de flamme, placez de la paille de fer dans le tuyau d’arrivée de gaz.

Attention : le méthane est potentiellement dangereux. Évitez toute flamme à proximité du digesteur et placez-le à bonne distance de la cuisine.


Que peut-on méthaniser pour avoir de l’énergie propre ?
Les restes alimentaires
Les déjections animales et humaines
Les déchets verts

Les installations réalisées :
>> Le Biogaz Au Vietnam (doc pdf) << 
>> Installation biogaz en photos <<